Test | Princess Jing

  • Roberto Fraga
  • Naïade
  • Matagot
  • 2 joueurs
  • 30min
  • 8ans

Pour un regard entre les paravents

Sous le règne de la dynastie Ming (1368-1644), en Chine, à Pékin, et plus précisément dans la Cité Interdite, deux princesses tentent de rejoindre discrètement leur amant respectif. La salle des paravents présente l’avantage de rester aisément caché de la vigilance des gardes mais il est probable qu’au détour d’un croisement ce manège amoureux soit mis à mal et révélé aux vues de tous…

Matagot offre enfin la possibilité à l’auteur du jeu, Roberto Fraga, de le voir enfin édité, et ce, pour notre plus grand plaisir. Car oui, Princess Jing et sa commercialisation c’est une (très) longue histoire. D’ailleurs, si vous voulez en savoir plus sur la genèse du jeu, n’hésitez pas à lire cet article sur Tric Trac rédigé par l’auteur lui-même.

Le matériel

La première chose qui frappe, bien avant de jouer, est la beauté et la qualité du matériel qui est tout bonnement exemplaire. Les paravents se présentent tout d’abord sous la forme d’éléments en carton à assembler. Trois éléments viennent se fixer dans une base en plastique et cet ensemble se montre vraiment très solide et robuste. Je n’ai eu absolument aucune crainte à manipuler ce beau matériel.

Le plateau est lui aussi embelli par Naïade à qui l’on doit déjà le superbe travail réalisé pour les jeux Seasons, Tokaido, Lords of Xidit (entre autres). Les personnages se glissent eux aussi dans les paravents dans leur propre emplacement et, là aussi, rien ne m’a paru fragile ou quoi que ce soit d’autre. Et en plus un thermoformage est prévu pour tenir tout le matériel dans la boite sans que rien ne bouge ! Je vous laisse admirer et juger vous même la beauté du jeu sur les photos suivantes.

Le thermoformage est exemplaire. Il permet de ranger tous les éléments de jeu, et tout reste en place.

On joue ?

Le jeu propose deux modes différents. Le premier demande aux joueurs de choisir une couleur et d’en prendre quelques personnages. Parmi eux, la princesse, la servante, un amant et un porteur de miroir magique. Chacun place discrètement sa princesse, sa servante et son porteur de miroir magique dans leurs paravents respectifs, sur la première ligne, ainsi que son amant en face du joueur adverse. La règle est simple. Pour gagner, un joueur doit amener sa princesse en face de son amant.

Pour se faire le joueur actif a le choix entre deux actions. Il peut permuter la position de deux paravents adjacents (orthogonalement ou diagonalement). À la place de cette action, il peut aussi décider, s’il le souhaite, de ramener son porteur de miroir magique ou sa princesse sur la première ligne (le joueur adverse ferme alors les yeux). La seconde action qui est également facultative propose au joueur actif de désigner l’endroit où se trouve la princesse adverse. Si l’endroit pointé du doigt est le bon, le joueur adverse doit rapatrier sa princesse sur sa première ligne et le joueur actif a le droit de rejouer. Si le paravent montré n’est pas celui qui abrite la princesse alors c’est le joueur adverse qui enchaîne seul deux tours de jeu.

Le jeu est simple à comprendre, mais difficile à maîtriser. Chaque joueur ne voit que ses propres personnages, mais il y a une exception à cette règle. Les porteurs de miroir magique, comme leur nom l’indique, sont dotés de miroirs qui permettent de révéler la face cachée d’un paravent ! Dans ce jeu il est autorisé de se baisser pour regarder dans son miroir, car ce qui différencie une princesse de sa servante est simplement le fait que l’une porte une couronne et l’autre un capuchon. Cependant, il faut se montrer plutôt discret pour regarder dans ces fameux miroirs sous peine de révéler leur position à l’adversaire.

Le matériel est somptueux.

Or, c’est surtout dans le deuxième mode de jeu que la mécanique des miroirs devient totalement primordiale et c’est là aussi où l’on profite de toute la saveur du jeu. Ne vous méprenez pas, quand vous aurez joué à ce mode dit « expert » vous ne jouerez plus au premier. Ce mode-là introduit les animaux légendaires. Lors de la préparation de la partie, chaque joueur prend 10 paravents (5 paravents ont été auparavant (ohoh) placés sur la ligne centrale) et y place la princesse, la servante, deux porteurs de miroirs magiques et deux animaux légendaires, ainsi que ses trois amants en face de l’adversaire. 

Le but du jeu est toujours le même, notre princesse doit arriver en face de son amant. Mais le problème est là. Notre pauvre princesse ne sait pas reconnaître son cher et tendre à cause de la crainte de se faire surprendre ! Chaque joueur va alors tenter de découvrir quels sont les deux animaux légendaires de l’adversaire pour trouver la combinaison qui révélera qui est l’amant de la princesse. Ces combinaisons se trouvent sur 6 cartes « objectif secret » (chaque joueur en prend une de sa couleur avant le début de la partie). Une fois que la combinaison est connue, la princesse n’a plus qu’à se rendre en face de son amant et la partie prend fin.

Les cartes objectif secret

Mes sensations

Au départ un peu sceptique, j’ai acheté ce jeu sur un coup de tête car il a flatté ma rétine au détour d’un rayon, Princess Jing m’a finalement conquis. On passe notre partie à déplacer ces fichus paravents qui cachent ce que l’on veut désespérément voir. On s’agite. On bluffe. On sourit. On rit. Et puis on se dit qu’on gagne et puis enfin on perd. Non pas par manque de chance (même si ce facteur n’est pas négligeable), mais surtout par manque d’observation de son adversaire et faute à une mémoire qui peine à enregistrer les informations. Eh oui, il faut savoir se rappeler où l’on pense que se situent les différents personnages de notre adversaire.

Sa princesse est forcément là, je vais attendre qu’elle l’avance un peu et je désignerai son paravent au dernier moment, au moins elle perdra du temps. Ici je suis sûr qu’il y a son miroir magique, car elle n’arrête pas de regarder. Là il y a le renard, et là-bas je crois avoir vu le héron, donc c’est forcément cet amant. Mince, elle est où sa princesse déjà 

Pour identifier la princesse il va falloir se baisser en toute discrétion.

En quelques mots

Quel plaisir d’envoyer ses animaux magiques aux quatre coins du plateau pour tromper son adversaire et de le voir tourner autour du pot. Quelle drôle de sensation que celle de se faire avoir à son propre jeu. On se prend vraiment à manipuler ces paravents, on réfléchit, on cogite. On aperçoit un morceau de robe, reste à savoir si c’est la servante ou la princesse adverse. On passe un excellent moment.

L'amant attend sagement sa princesse.

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Cet article a 2 commentaires

  1. Je ne connais pas ce jeu mais vu que j’étais sur le site, je précise juste que j’aime beaucoup le style des articles, tant sur le fond que sur la forme.
    Je ne joue pas trop à des jeux à 2 joueurs mais je suis impatient de lire les prochains tests (ou autres articles) !

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